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Les tribulations d'un Martin au Pérou

... ou bubus au pays des Incas!

Martin

Apres six mois passés dans le grand Nord finlandais à traquer les père Noël et ses rennes, Martin l'agro en vadrouille s'en va au Pérou. Vous découvrirez ici mes aventures à Cusco et un peu plus loin j'espere. Bienvenue au royaume des lamas, des condors, du Pisco, du poncho et des Incas. Bon voyage !
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July 07

Anniversaire du CBC

Comme on ne perd jamais une occasion de faire la fête au Pérou, l’anniversaire du CBC (l’ONG où je travaille) nous permet une fois de plus de passer un bon moment, en compagnie de tous les collègues cette fois ci!

C’est ainsi que nous partîmes à 60 personnes (sur les 90 salariés) retomber en enfance dans un petit village des environs de Cusco. Après une bonne demie heure de bus, nous voilà donc dans un restaurant en plein milieu de la campagne: des tables éparpillés sous des parasols autour d’une grand piscine, une terrain de volley et une grande pelouse!

Au programme, initiation au sapo, jeu préféré des péruviens: lancer de grosses pièces dans des trous, comme à la fête foraine! Pas si évidant… Ensuite, jeux par équipe: bataille de bombes à eau (une équipe passe sur un banc pendant que les autres bombardes, c’est fin…), question pour un champion version tarte à la crême et concours de celui qui finira le plus vite sa bière et son assiette de masamora (sorte de gelée épaisse)! Gros délires et indigestions assurés! On se croirait presque en week end d’intégration!

Pour finir tournoi de volley (que nous avons gagné haut la main) et normalement de foot mais on n’a pas eu le temps (le déjeuner avant tout!) et de toute facon tous les hommes ne peuvent pas s’empêcher d’y jouer à la moindre occasion, ils en ont donc déja bien profité depuis l’arrivée (aucun temps mort n’a de répis!).

S’en suit un gigantesque buffet gargantuesque (rien que ca) et délicieux!

Cette journée aura été une bonne occasion d’apprendre à connaître un peu mieux nos collègues, surtout qu’en s’amusant, ca marche beaucoup mieux!

Corpus Christi

Après le pèlerinage de Qoyllur Rit’i, retour à Cusco pour y passer le Corpus Christi, une des innombrables fêtes religieusess de la ville. Ce calendrier resserré permet aux danseurs de Qoyllur Rit’i d’enchaîner directement avec les célébrations du Corpus.

A Cusco, rebelotte donc, deux jours de danses et de chants non stop dans toute la ville. Ca commence le mercredi après midi. Les saints des 13 églises de la ville partent en procession jusqu’au parvis de la cathédrale, toujours dans la joie, la musique, la bonne humeur et les confettis! Le jeudi, c’est férier. Tous les saints sont regroupés sur la place, en demi cercle et tout le monde vient se receuillir devant chacun. Les saints sont de grandes statues en bois de cactus (c’est plus léger) avec tout plein de décorations et d’habits. Ils représentent des personnages de l’histoire religieuse ou de l’histoire andine. La plupart sont dégoulinants de dorures et de petits angelots, mais on en trouve aussi quelques un "couleur locale", teint basanné et costumes amazoniens. Le reste de la ville est envahi de gens et de petits stands vendant un peu de tout. En général, chaque fête à sa spécialité. Pour le Corpus Christi, on vent principalement de la noix de coco et de la canne à sucre (ca doit être la saison) ainsi que le plat traditionnel, le Chiriuchu! On trouve aussi les traditionnels de la fête, jeux de fêtes foraines (lancer de pièce de monnaie), barbe à papa, gens déguisés en Spider Man (???), etc. Après un petit tour dans les rues avec dégustation de noix de coco et de canne à sucre donc, direction la place de la ville où se mange le chiriuchu (il se mange partout mais sur cette place on peut pas le rater). Sur place, d’innombrables stands se serrent et étalent sous les yeux ébahis des passants et sous un soleil de plomb tous les ingrédients du fameux plat: du maïs doré, des pommes de terre, des galettes de pomme de terre, du fromage, des algues, des oeufs de poisson, de la saucisse, du travers de porc et du cochon d’inde! Tout ca froid, entassé dans une seule assiette, dégsuté avec les mains sur un coin de banc au milieu de la foule!

Expérience inoubliable (pour l’estomac aussi d’ailleurs…).

Fin d’après midi, les saints repartent tranquilement chez eux et la foule se disperse lentement, le ventre bien rempli.

July 06

Qoyllur Rit'i

Après Machu Picchu, ses ruines et ses hordes de touristes, direction Qoyllur Rit’i, ses danses et ses hordes de Péruviens. Petite présentation de l’anti Machu Picchu!

Tous les ans vers la fin mai, se déroule au pied de l’Ausangate (le plus haut sommet du sud Pérou, 6384m), un des plus grands pélerinages du pays, le pélerinage de Qoyllur Rit’i (à prononcer comme ca s’écrit, ou à écrire Q’oyoriti). En effet des dizaines de milliers de Péruviens viennent de tout le pays (et même d’un peu plus loin) en procession jusqu’à ce lieu hautement sacré.

L’histoire en est plutôt complexe mais explique l’importance de ce lieu aujourd’hui.

L’Ausangate en tant que sommet le plus haut du pays a toujours été un apu (esprit, divinité) très important. Il trône seul au milieu des vastes plaines et collines de l’altiplano et est le lieu où les âmes des morts viennent errer. Le sanctuaire de Qoyllur Rit’i se situe sur une "petite" chaîne juste en face de l’Ausangate, à l’origine d’une vallée, au pied des glaciers. Depuis très longtemps cet endroit a été un centre d’énergie (du fait de la présence de l’Ausangate, des glaciers et sûrement d’autres choses), un lieu sacré ou les gens de la région et même d’un plus loin (tous les Incas peut être?) venaient faire des offrandes pour apaiser l’apu. L’histoire raconte qu’en 1783 un petit garcon (le Christ?) portant des vêtements d’une grande richesse et faits dans une laine n’existant pas dans la région voire dans le pays, serait apparu à cet endroit. Le lieu est donc devenu un important lieu de culte catholique. Mais l’histoire n’est pas fini… Dans les années 40, un soldat (je crois) qui se promenait dans la région aurait senti une force le pousser à graver sur un rocher un Christ en croix. Depuis, une grande église a été construite autour du rocher, cette iamge, le seigneur de Qoyllur Rit’i est devenu l’image la plus miraculeuse du pays et le sanctuaire est devenu de la folie furieuse! Les gens y viennent normalement trois fois dans leur vie pour faire exaucer leurs trois souhaits les plus chers. Ce sont donc aujourd’hui plus de 100.000 personnes qui s’y retrouvent chaque année.

Expérience.

Nous partons (avec deux collègues agro de passage) samedi soir en direction d’Ocongate, petit village à 3h de route à proximité de l’Ausangate, où Xavier (encore un agro) fait son stage. Nous y restons jusqu’au lundi matin, à découvrir ce lieu hors du temps, loin de l’agitation de Cusco et des touristes. L’endroit est assez désertique, balayé par des vents glaciaux et dominé par l’imposante silhouette de l’Ausangate. Une vie bien agréable, au coeur du Pérou paysan, quasiment ignoré par la loitaine Lima et son gouvernement.

Lundi matin, 45 minutes de bus pour arriver à Mahuyani, dernier village avant le sanctuaire. D’ordinaire quelques maisons perdues au milieu de nul part, pour l’occasion, des milliers de maisons, de stands, de bric, de broc, de tout et n’importe quoi, ont poussé là. C’est le départ de la randonnée. Des milliers de personnes, de tous âges, de toutes provenance, marchent trois heures durant, souvent fortement chargés (couvertures, nourriture, offrandes, etc.), en plein cagnard, en montée, jusqu’à Qoyllur Rit’i. La randonnée, ponctuée de 5 croix auprès desquelles les plus fervants s’arrêtent, se signent, apportent quelques offrandes et parfois des pierres (dont la taille est proportionnelle à la quantité de pêchers… j’aime beaucoup l’idée), parcourre une magnifique vallée où s’ébattent des troupeaux d’alpaga.

Au bout du chemin, stupeur. L’église, quelques bâtiments et, autour, un gigantesque campement a poussé, des miliers de personnes arrivées au cours de la semaine précédente, des chants, des danses (plus de 10.000 danseurs venus de tout le pays!), des processions, des paysans miséreux, des muletiers, des vendeurs, des prêtres, des riches liméniens, tout le monde cohabite, dans la ferveur, religieuse ou andine. Par contre très très peu de touristes (à peine 10 croisés en deux jours). Les groupes de danse, chacun son costume traditionnel (la palme au bébé alpaga empaillé..) et sa propre chorégraphie, envahissent le site et se déchainent nuit et jour sans jamais s’arrêter. On y croise aussi des Ukukus, faisant reigner l’ordre (pas de chapeaux, on ne s’approche pas du glacier, les danses c’est par ici, etc.) à coups de fouet. Ils dansent également (en se fouettant allègrement) régulièrement.

Dans l’après midi, nous avons juste le temps de faire quelques achats (trois petites mamies qui sont venues nous voir pour nous vendre les quelques tissus maison de leur besace), de poser nos affaires au camp de Javier et ses amis (venus avec un groupe de touristes) et de monter au glacier. Une bonne demie heure de marche, la traversée d’un champ de croix en pierre et nous voilà au pied de cette impressionnate langue glacière gardée par quelques Ukukus (aller toucher le glacier est maintenant interdit vu la quantité de gens). Seul un groupe de quelques uns d’entre eux montent en procession au sommet pour y mettre un croix. Nous y apprenons qu’il y a 30 ans, le glacier allait jusqu’au pied de l’église. Chaque année, il recule d’une trentaine de mètres! Impressionnant. Le réchauffement climatique se fait effectivement ressentir dans les Andes plus qu’ailleurs, tous les glaciers fondent à vu d’oeil. Dans quelques années, la plupart auront totalement disparus, laissant la nature et de très nombreuses communautés sans eau. Les Andes seront alors probablement transformées en désert. Ca fait froid dans le dos.

En redescendant, vue impressionannte sur le campement dans toute son ampleur et découverte d’un des principaux lieux du sanctuaire. Au dessus de l’église, des milliers de petites maisons en pierre ont été construites par les gens venus faire leur prières. Ils y demandent la protection de leur foyer, à grand renfort de confettis, faux titres de propriété et petits feux. Lorsqu’on a voulu me vendre un bout de papier pour que je m’atèle à la petite cérémonie, mon refus s’est vu gratifier d’un "tu es fou, ta maison va s’effondrer". Quelques mariages (apparement pas religieux) y sont également célébrés au pied d’un rocher.

De retour au campement des frères incas, une petite discussion (présentation de la cosmovision andine aux touristes) et c’est le moment d’y accueillir la lune (pleine pour l’occasion) avec la cérémonie du feu sacré. Comme dans la plupart des cérémonies, trois feuilles de coca, un souhait, un souffle. Ensuite diner frugal sous la tente et nous allons voir les danses près de l’église. C’est en effet à ce moment là que débute le gros de la fête. Tous les groupes de danses font la queue pour entrer dans l’église et aller se receuillir auprès du seigneur de Qoyllur Rit’i, l’image gravé sur la roche. C’est l’occasion parfaite pour voir toutes les danses de près. Plein d’entrain et sous le regard amusé des Péruviens, nous en profitons pour prendre part aux danses et pénétrer dans l’église. Celà permet habilement d’éviter les trois heures de queue de l’autre côté. A l’intérieur, toujours la fête et tout au bout, derrière une vitre, plusieurs barrières, de nombreuses offrandes et chandelles, le Christ peint sur son rocher (il devait être sacrément doué le type pour peindre ca à la pointe de son épée!). Dehors, d’autre prières le long du mur de l’église et des masses de gens déja endormi, entassés sous des couvertures (malgré la fête qui bat son plein).

Après encore quelques passionnantes discussions autour du feu (Qoyllur Rit’i, syncrétisme entre le catholicisme et les croyances andines ou appropriation des ces dernières par la religion?), nous allons à notre tour nous entasser dans une tente, avec force duvets, couvertures, ponchos, pulls, gants, bonnets, etc. Tout cela ne suffit pourtant pas et cette redoutable nuit à 4600m d’altitude en plein hiver restera probablement une des plus froides de ma vie.

Le lendemain, réveil à 3h30 (la nuit fut donc courte, c’est peut être pas plus mal) pour monter au glacier et aller acceuillir le soleil (et oui, chacun son tour). Deux heures de rude montée en pleine nuit sur un petit sentier rocailleux, avec un peu de coca et de cañazo (alcool de canne à sucre) pour supporter le froid, l’altitude et la fatigue. Des milliers de danseurs nous accompagnent. En effet, la plupart des groupes de danses montent également, regroupés selon les quatre domaines de l’empire inca. Les Ukukus eux ont passé toute la nuit sur le glacier, sans lumière ni feu, juste un peu de cañazo pour se réchauffer. Certains ils laissent la vie…

Nous trouvons un petit piton rocheux à proximité du glacier et nous attendons le soleil. Les lumières matinales sur le campement en contrebas, les montagnes, les glaciers et l’Ausangate sont magnifiques. Après plus d’une heure d’attente dans le froid, taita Inti se montre enfin, acceuilli par de nouveaux voeux s’envolant des feuilles de coca tendues. Un peu de musique et quelques offrandes complètent la magie du moment et tentent de faire oublier le froid. Nous montons ensuite jusqu’au col. Un petit tour par un glacier (pas surveillé celui là) et me voilà au plus haut point que j’ai jamais atteint (probalement plus de 5000m). La vue y est saisissante. D’un côté la vallée du sanctuaires, ses langues glaciaires et l’Ausangate dominant le tout. De l’autre, des montagnes à pertes de vue jusqu’au delà de Cusco et, en toile de fond, les autre sommets dominants du Sud Pérou, le Salkantay (là où je travaille) et la Veronica, sur la route du Machu Picchu.

Redescente au sanctuaire, juste à temps pour la messe principale, célébrée par le père Antonio, curé d’Ocongate avec le quel habite Xavier. Sur les marches devant l’église, les milliers de fidèles suivent la messe en Quechua, ses chants et ses bénédictions. C’est le moment où l’on apporte le reste de ses souhaits sous forme de miniatures (voiture, maison, diplôme, etc. tout cela étant vendu à l’entrée du sanctuaire) et qu’on les tend vers l’eau bénite jetée sur la foule.

Après la messe, tous les groupes de danse partent en procession à travers la montagne jusqu’à Ocongate, à 24h de marche.

Nous décidons donc de partir nous aussi. Deux heures de randonnée dans le sens inverse, au milieu d’une foule toujours plus nombreuse, et puis deux heures de bus jusqu’à Cusco.

Cette expérience inoubliable restera pour moi comme la synthése du Pérou, sa diversité culturelle, sociale, religieuse, ses contradictions, ses vérités, son âme. Ce sera sans aucun doute mon expérience la plus marquante.

June 30

Vacances - Machu Picchu

Tout bon touriste qui se respecte se doit d’aller au Machu Picchu! Et si vous le fait pas, tout le monde est là pour vous le rappeler! Les serveurs de cafés, les chauffeurs de taxi, les vendeurs, les gens dans la rue, vos collègues, les affiches un peu partout, les fonds d’écran dans les cyber cafés, les reportages à la télé, etc. Bref, impossible de le raer et de ne pas le connaître par coeur (voire d’en avoir par dessus la tête) avant même de l’avoir visité. Mais bon, c’est quand même une des nouvelles merveilles du monde, et si il y a tant de gens qui viennent pour le voir, c’est sûrement pas pour rien! Et puis repartir de Cusco sans avoir vu le Machu Picchu, c’est comme aller à Paris sans voir la Tour Eiffel (quoi qu’on peut pas trop la rater elle… pourtant en bon parisien j’y suis jamais allé!).

Pour y aller, malgré l’inaccessibilité du site, tout plein de possibilités, toutes plus chères et longues les unes que les autres. Le chemin de l’Inca, même si c’est censé être une des plus belles rando du monde, ca reste complètement innabordable pour de pauvres petits étudiants (200€ minimum pour 3 jours de marche). Le train, c’est déja plus raisonnable et malgré le magnifique trajet, un peu cher. Nous optons donc pour l’ultine solution, le bus et la marche. Au programme, 10h de bus et une journée de marche. Mais c’est le seul moyen de pas payer trop cher et de prendre son temps.

D’abord donc il faut prendre le bus qui va jusque dans la jungle. Voyage en compagnie de cochons d’indes et de poussins (et pas une seul touriste). Le trajet nous fait passer par de magnifiques vallés d’altitude puis par une col à 4300m avant de plonger sous le soleil couchant vers la jungle, paysages saisissants! Arrivée le premier soir au cour des plantations de bananiers à 1400m. Dîner dans un petit boui boui puis courte nuit dans la moiteur de la jungle (ca change du froid glacant de Cusco de la veille!). Réveil à 3h du matin pour prendre un second bus jusqu’à Santa Teresa, une des villes d’accès au Machu Picchu. Petit arrêt aux eaux termales, véritable Center Park péruvien! Mais à 6h du matin, il n’y a personne, le soleil levant rend les paysages et l’ambiance encore plus parfaite! Ensuite, c’est parti pour la rando (oui c’est pas très intelligent de relaxer dans des eaux termales avant de randonner mais on avait pas trop le choix…). D’abord on traverse la rivière (toujours le Vilcanota, celui là même de la vallée sacrée) assis dans une petite nacelle accrochée à un filin. Pas rassurant mais impressionnant. Ensuite deux heures de marches dans les plantations de bananiers de caféiers (oh les jolies cultures associées!), arrivée à la centrale hydrolique et au bout de la voie ferrée qui vient de Cusco (le reste a été emporté il y a dix an par une giantesque coulée de boue, encore un coup d’El Niño). Il faut alors marcher encore deux bonnes heures sur la voie ferrée, le long du fleuve, au fond de gorges encaissées. C’est pas très rassurant (heureusement que les rares trains jouent du klaxon comme ils respirent) mais c’est encore une fois impressionnant. Sur les crêtes, on commence à appercevoir quelques ruines et quelques silhouettes. Après pas mal de temps à traquer les animaux qui se cachent dans cette jungle, nous voilà arrivés à Aguas Calientes, le petit village aux pied des ruines. Vision surréaliste. Au milieu de nul part, au fond d’une vallée encaissée dominée par de vertigineux pics envahis par la jungle a poussé ce petit village, mi station de ski huppée, mi bidonville, mi village du bout du monde (oui c’est pas tout petit, y’a trois demis!). En enchevêtrement d’hôtels (du taudis au 4 étoiles), de restaurants, d’agences, de boutiques, tout ca en chantier permanant et sans cesse traversé par les trains qui arrivent de Cusco et les cars qui partent aux ruines. Le temps de trouver un hôtel, acheter les billets, manger un morceau, prendre une bonne douche et hop au lit, une longue journée nous attend le lendemain. En effet, levés 3h30 pour arriver les premiers aux ruines. Le site n’ouvre qu’à 6h mais il y a une rude montée avant de les atteindre. 1h de marches très inégales, souvent escarpées, au milieu de la forêt, dans la nuit noire et accompagnée par deux chiens sortis de nul part, c’est une sacrée expérience! Arrivés en haut, il est 5h30 mais malheureusement quelques touristes ont profité d’un camion imprévu pour nous doubler! Raaaah! A l’entrée se trouvent un hôtel de luxe, un bar et une boutique. Avant que le site n’ouvre, deux bus sont déja arrivés en déversant leur flot de touristes. Les gens de l’hôtelc ommencent également à poindre. Du coup, nous qui croyions être les premiers à débarquer sur un site vierge, nous devons le partager avec 200 personnes! Forcément, tout le monde est venu voir le célèbre lever du soleil sur les ruines! Malheurseusement, comme on est dans la forêt de nuages, il ne se montre que très rarement. Et cette fois ci ne dérogera pas à la règle. En plus, nous qui pensions pouvoir débarquer en pleine nuit et avoir une atmosphère fantomatique, c’était compter sur la rapidité à laquelle se lève le jour sous les tropiques. Nous arrivons donc sur le site dans une foule de gens, le ciel grisouille et la lumière horrible. Du coup les premièrs photos du site quasi vierge sont moches et les premières impressions sont un peu gachées. Mais bon, l’émotion d’être arrivé sur un tel site, citadelle de pierre au sommet d’une crête au milieu de la jungle, reste quand même très forte.Et les lamas qui posent gentiment pour la photo font bien rire tout le monde! Deuxième étape pour compenser le lever du soleil, l’escalade du Wayna Picchu, le pic que l’on voit derrière les ruines sur la photo cliché (que nous avons bien sur déja en dix exemplaires). Pour y accéder, il faut encore faire la queue au poste d’entrée (ambiance Eurodisney…) car le nombre de places est limité. Pour arriver au sommet, ¾ d’heure d’une escalade vertigineuse sur un petit escalier à flanc de falaise, mais toujours dans une végétation luxuriante (notament d’innombrables orchidées en fleur, un vrai paradis!). Là haut, les efforts sont récompensés par une vue époustouflante, et originale, sur les ruines dans toutes leurs splendeur. On est plus haut, plus loin, et l’effet est encore plus grandiose que depuis l’autre côté. Après une petit pause pour reprendre son souffle (dans les deux sens du terme), redescente de l’autre côté du pic. Une heure d’un escalier encore plus vertigineux, parfois écroulé et remplacé par des cordes ou des passages à échelles pour arriver à une grosse caverne qui abrite un joli petit temple souterrain. Retour aux ruines principales par un chemin toujours à flanc de falaise, de moins en moins rassurant (heureusement la récente installation de rembardes rend l’expérience moins périlleuse).

De retour à la citadelle, c’est le moment de faire le tour du touriste, en visitant les principaux secteurs tout en essayant de glaner quelques infos en tendant l’oreille près des groupes (d’innonbrables interprétations toutes plus farfelues les unes que les autres). De nombreuses maisons, beaucoup de temples aux fonctions étranges, encore des pierres "en forme de" (montagne voisine, condor, etc.), le magnifique Inti Watana, lieu où l’on attache le soleil le jour du soltice d’hiver pour ne pas qu’ils s’éloigne plus,mais également pierre d’énergie où des gens du monde entier viennent se ressourcer en posant les mains dessus (enfin aujourd’hui c’est interdit donc on les rapproche le plus possible pour sentir les radiations). L’architecture n’est pas aussi impressionnante qu’à Ollantaytambo, c’est surtout la taille du site, sa complexité, son mystère (Quel est ce lie? A quoi servait-il? Quand, par qui, et pourquoi a-t-il été construit? Pourquoi ici? Pourquoi a-t-il été abandonné?) et sa localisation qui sont les attraits principaux. D’innombrables terrasses et quelques sites annexes (où nous n’avous malheurseument pas eu le temps d’aller) complètent cet impressionnant complexe à la situation vertigineuse. Au milieu de la journée, la masse de touristes se fait bien présente. C’est le moment de redescendre.

Retour à Aguas Calientes par les escaliers, puis le train jusqu’à Ollantaytambo (de nuit donc impossible de profiter du paysage de gorges) et enfin le car jusqu’à Cusco.

Dans la tête, cette étrange impression de n’avoir rien vu de nouveau que ce qu’on avait déja vu avant d’y aller… mais pourtant une émotion forte, une sensation de fierté, un sentiment d’irréaslisme. Machu Picchu reste irréel, perdu dans la jungle de notre mémoire.

Vacances - Cusco culturel

J’ai eu beau déja arpenter la ville pendant trois mois, il reste de nombreuses choses que je n’ai pas faite. Il faut dire visiter des musées tout seul, c’est pas bien passionnant.

D’abord, il y a de nomreux musées. Quelques uns suffiront pour se faire une idée de ce qu’ils hébergent. Et puis l’histoire du Pérou commence à bien rentrer… Le plus intéressant, le musée inca (quel nom original…) présente des objets des différents civilisations qui se sont succédées dans le pays, et il y en a! Les Incas ne sont eux resté qu’une petite centaine d’année. Il présnte également les maquettes des principaux sites archéologiques du pays (pratique pour les flemmards) et une expo passionnante sur la découverte et l’exploration du site de Choquequirao, petit frère de Machu Picchu encore (mais pour combien de temps?) épargné par les touristes. Le musée d’art précolobien expose, dans un très joli bâtiment colonial, de magnifiques pièces d’un peu toutes les périodes. Pas très grand mais une atmosphère paufinée qui fait du bien dans un musée. Enfin le plus célèbre, le couvent Santo Domingo, construit sur Qoricancha, le temple du soleil et à son époque plus resplendissant et plus célèbre temple des Amériques (ah bon?). A l’époque des Inca c’était en effet le temple le plus important de la ville et ses murs étaient entièrement recouverts d’or, d’argent et de pierres précieuses. Les Incas ont malheurseusement tout fondu et donné aux Espagnols dans l’espoir d’un traitement clément (les naïfs!). Ils ont uniquement réussi à sauver et cacher un énorme disque d’or sculpté qui ornait l’entrée du temple. Il reste encore aujourd’hui disparu… ce qui titille fortement les explorateurs (de même que la légende de l’or du Titicaca qui a amené notre cher Cousteau dans ces contrées lointaines). Aujourd’hui il ne reste de temple de légende que quelques murs de fondation dont un magnifique mur arrondi qui domine l’avenue principale de Cusco.

Ensuite, il y a bien sûr plein d’églises (13 si mes souvenirs sont bons), qui ne présentent pour l’athé ignard et non inicié que peu d’intérêt. Elles se ressemblent presque toute (bien que les facades de la cathédrale et la compañía de Jesus, toutes deux sur la place d’armes, rivalisent de beauté) et sont à l’intérieur surchargées de peintures, de chapelles, de saints, etc. Je leur préfère personnellement la sobriété de nos cathédrales.

Et pour finir il y a bien sûr plein de ruines. D’abord dans la ville même avec les innombrables fondations incas qui jalonnent le centre ville, ces énormes murs porteurs qui résistent à tous les tremblements de terre et servent de base aux principaux édifices de la ville (toutes les églises ont été construites sur des temples incas, pas fous les Espagnols!), rappelant la splendeur passée (elle a bien sûr une toute autre splendeur aujourd’hui!) de la capitale inca. Mais les principales ruines sont bien sûr à l’extérieur de la ville. Les 4 principales s’alignent le long de la route et permettent une jolie balade dans la campagne. De la plus loin à la plus proche: Tambomachay, vouée au culte de l’eau avec ses jolies fontaines, Puka Pukara, petit fort dominant la vallée, Qenko, gros bloc finement en profondément taillé (rigoles, esacliers, autels, pupitres, sièges, pierres sacrées, etc.) et enfin Saqsaywaman, l’imposante forteresse qui domine Cusco (et dont j’ai déja parlé).

Pour compléter ces visites culturelles, nous avons été assister à un spectacle impressionnant d’art de la piste. Prétextant une histoire de village maudit des dieux, l’histoire retrace (brièvement malheureusement, même pas une heure…) les principales étapes de l’histoire du Pérou et de la cosmovision andine. Le chant, la danse, le théâtre, le cirque, tout y passe et empli la salle (au propre comme au figuré) d’une force expressive impressionnante, servie par des costumes plus riches les uns que les autres. Un grand moment de spectacle!

 
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Aurore Badetwrote:
Salut Martin,
On ne se connait pas, ms je suis tombée sur ton blog par harsad sur le net ! Je pars également dans une petite semaine en Finlande, faire un stage au METLA (à loppi) !! J'aurais bien aimé avoir tes impressions sur cette aventure, et si tu as des conseils a me donner, je suis preneuse Sourire
Merci d'avance!!
@urore
June 6
Picture of Anonymous
Edwige wrote:
 
Salut Martin!!!
Je dois avouer que ça fait un bye que je n'étais pas allée sur ton blog (mais j'avais des circonstances atténuantes! ;)   ) et je me rends compte que j'ai pris un retard fou, que dis-je, irrattrappable!  ;) Je me suis donc contentée de regarder les photos et de survoler quelques articles, et ça a l'air d'aller plutôt bien à l'autre bout du monde!!! Profite à fond!!!
Pour moi ça y est, les stages sont over! J'ai quitté mon île aux oiseaux... :'(    ;) En tout cas, merci pour tous tes commentaires sur mon blog, ça m'a fait super plaisir!!!
Hasta luego!!!
 
July 1
Jebraëlwrote:

Monsieur Martin,

Navré de devoir annoncer ma trèèèèèèèès grande déception. Lorsque certains (on ne nommera personne) trouvent le moyen de s’afficher torse nu (en mangeant des sandwiches mais ni l’un ni l’autre n’étaient voulus), d’autres (toi en l’occurrence) montre pas un brin de leur peau (qui doit être bien sûr brunie par le soleil nocturne (si si, nocturne)) alors qu’ils se prélassent au sauna (on supposera en tenue d’Adam ?) … Alors voilà, comme je voulais me venger en mettant ton blog dans mes liens mais que j’ai rencontré le même problème que Biboundé, ça n’a pas marché et j’ai du trouver un autre moyen. Bon, on est un peu pathétiques je crois mais c’est bien rigolo ! A la revanche ...

July 24
Amy O'Reillywrote:
Hey!
Je cherchais le site de Baker's et resultat de la recherche google, ton blog en 6eme position!
Amy, collègue Metla
July 8
No namewrote:
Ah ça y est tu y es arrivé! ;) Contente d'avoir plus de nouvelles et de découvrir le monde étrange (!) des saunas. Ca laisse rêveur...
A bientot!
Lucile
July 1